E-mailing du 12 septembre 2018 - Le retour du risque sur les marchés ?


I-Pocampe vous informe...
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Est-ce que le risque est de retour dans nos économies et la sphère financière ? C’est la question que se pose en ce moment les acteurs financiers du monde entier pour savoir s’ils doivent changer les habitudes confortablement installées depuis la crise grecque.
 

Mais tout d’abord, qu’appelle-t-on réellement le risque ?


Le risque en finance est défini simplement comme étant la possibilité de perdre de l’argent à la suite d’une opération financière (vente d’un actif financier par exemple) ou d’une opération économique ayant une incidence financière. Le risque peut être de plusieurs natures : risque de crédit, risque de devise, risque souverain…

Deux visions, deux camps
 

Depuis le début de l’année deux visions diamétralement opposées s’affrontent, la première étant optimiste défend que l’économie globale reste bien orientée dans les fondamentaux, le niveau de risque est maîtrisé (Chiffre d’affaires, bénéfices des sociétés, marges, distribution de dividendes…) et que les récents mouvements de baisse sur les marchés proviennent uniquement de perturbations politiques passagères. La seconde, beaucoup plus pessimiste, affirme que l’économie globale se détériore et que le cycle économique haussier tend à se terminer. Les indicateurs mesurant l’évolution et le degré de risque sur les marchés financiers qui permettaient habituellement de les partager n’y parviennent plus aujourd’hui.

Le risque sur les marchés financiers est généralement mesuré grâce à la « volatilité » qui correspond mathématiquement à l’écart type des performances passées d’un actif financier sur une période donnée soit plus simplement l’ampleur des variations du cours d’un actif financier sur un horizon de temps donné. Plus la volatilité est importante, plus les variations du prix de l’actif sont grandes et plus le risque induit est conséquent.
 

Des indices pour les départager


Si l’on se base sur l’indice VIX, indicateur phare de volatilité sur les marchés financiers américains surnommé « l’indice de la peur », ce dernier reste stable dernièrement autour de 12 (niveau habituel de l’indice – voir graphique ci-dessous) justifiant ainsi la position des plus optimistes sur un non-retour du risque.
 

graph 1
 

Cependant, l’indice SKEW, autre indicateur de volatilité sur les marchés américains mesurant le risque de Krach Potentiel, aux alentours de 100-125 en temps calme, flirte aujourd’hui avec le niveau de 150 points (voir graphique ci-dessous) justifiant la vision des plus pessimistes sur une prochaine récession.
 

graph 2


De son côté et faisant fi de ce qu’il se passe dans le monde, l’économie américaine continue d’alimenter avec chaque jour qui passe la période de hausse historique sur les marchés la plus longue sans krach de 3 457 jours, donnant ainsi des arguments utilisables par les deux camps. Le premier, affirmant que l’économie globale est bien orientée et que le cycle se poursuivra, le deuxième affirmant qu’une surchauffe (récession, crise…) est sur le point de se produire, que le risque d’éclatement ne cesse de progresser et qu’il faut s’y préparer.
 

Qui a raison aujourd’hui ?


Seul l’avenir le dira, pour le moment rien ne semble pouvoir arrêter cette envolée des marchés financiers et de nos économies. Les fondamentaux de nos sociétés sont de plus en plus solides, les investissements ne cessent d’augmenter, les salaires progressent, la distribution des dividendes est au plus haut. Même ces risques majeurs ne semblent pas pouvoir enrayer ce « Bull Market » (marchés financiers fortement haussiers) :

  • La guerre commerciale qui fait rage entre les Etats-Unis et un grand nombre de pays. Plus Particulièrement avec la Chine et la mise en place de nouveau droits de douanes (50 milliards de $ de marchandises taxées des deux côtés soit 100 milliards de $ aujourd’hui). L’Europe est aussi concernée avec l’augmentation des droits de douane sur ses exportations d’acier de 25% et de 10% sur l’aluminium.
  • L’approche à grand pas de la date butoir des négociations sur le Brexit en mars 2019 et toujours aucun accord de conclu pour le moment
  • Les problèmes politiques avec la Turquie qui ravivent les débats sur l’immigration en Europe
  • Les différends avec l’Iran et la Corée du Nord

On pourrait croire que la situation est dramatique et que le risque est à son summum mais bien au contraire, tous ces évènements ont déjà été intégrés sur les marchés financiers et par les entreprises. Cette croissance et progression de nos économies semble inarrêtable. Cependant, est-elle raisonnable et repose-t-elle réellement sur des bases assez solides pour perdurer ou risque-t-on un écroulement prochainement ?

Le conseil I-Pocampe

Globalement, les fondamentaux des entreprises restent solides, l’économie mondiale reste bien orientée malgré les nombreuses problématiques qu’elle rencontre. Pour le placement de la trésorerie d’entreprise ou bien de l’épargne personnelle, il reste nécessaire d’être sélectif en privilégiant les entreprises de taille moyenne ou grande ayant un fort potentiel de croissance (valeurs classée « Growth »). Les valeurs les plus défensives doivent servir de socle à toute allocation d’actifs pour palier à un possible retournement de l’activité. A la marge, certaines valeurs cycliques pourront être intégrées dans les allocations pour continuer à profiter en parti du « bull market » et de la reprise de l’activité économique globale.

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