E-mailing du 10 octobre 2018 - Les Etats-Unis d’abord et le reste ensuite


I-Pocampe vous informe...
09 octobre 2018 - N°48

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Point macroéconomique :

 

En Septembre, les Etats-Unis ont continué de diriger la tendance sur les marchés financiers mondiaux au grand dam des pays émergents et de l’Europe qui peinent à imposer leurs idées.

Le 24 septembre, les investisseurs ont été témoins de la mise en place de nouveaux droits de douanes entre les Etats-Unis et la Chine. Les Etats-Unis ont précisément taxé 200 milliards de $ d’importations chinoises à hauteur de 10%. De son côté, la Chine a riposté en imposant des droits de douane de 5 à 10% sur 60 milliards de $ d’importations américaines. Les taux de taxation étant inférieurs aux prévisions, cela a laissé entrevoir des négociations futures entre les deux pays et une possible issue positive du conflit, rassurant ainsi en partie les marchés.

Parallèlement, la banque centrale américaine (la FED) a décidé de remonter ses taux directeurs de refinancement à 2,25%, faisant suite aux bons chiffres de la croissance du second trimestre de 4,2% et d’une inflation de 2,7% en août aux Etats-Unis. Elle sort ainsi progressivement de plusieurs années de politique monétaire accommodante et témoigne de la bonne santé de l’économie.

De son côté, Trump continue de plier ses partenaires à sa volonté.  Après avoir critiqué de nombreux sujets comme le multilatéralisme, l’Iran, le libre-échange, la Syrie… lors de la dernière réunion de l’ONU, il a réussi à faire céder le Canada. Ce dernier s’est engagé à la dernière minute dans l’accord de libre-échange USMCA (US Mexico Canada Agreement), accord devant remplacer l’Aléna, et ouvrant un peu plus les marchés nationaux de ses partenaires aux produits américains.

Globalement, les Etats-Unis se portent bien au contraire de l’Europe qui doit faire face à des incertitudes grandissantes liées pour la grande majorité à des problématiques politiques & économiques nationales.

Depuis son changement de gouvernement en mars 2018, l’Italie continue d’inquiéter et de peser sur les marchés financiers européens. Dernier épisode en date, la présentation du budget italien le 28 septembre. Le Ministre de l’économie Giovanni Tria qui devait présenter un déficit budgétaire de l’ordre de 1,6% du PIB pour répondre aux exigences de Bruxelles et tenter de réduire le fort niveau d’endettement de 131% du PIB (2ème pays européen le plus endetté après la Grèce), a été contraint d’en présenter un tout autre avec un déficit de 2,4% du PIB en 2019 puis 2,1% en 2020 et 1,8% en 2021. En cause, la coalition du mouvement antisystème (mouvement 5 étoiles M5S) et de l’extrême droite (la ligue) qui ont imposé l’introduction dans le budget italien de l’ensemble de leurs mesures (revenus citoyen, abaissement de l’âge de la retraite, baisse de la fiscalité…) faisant ainsi fi du niveau d’endettement italien et de l’avis de leur ministre de l’économie.

De l’autre côté de la Manche, le Royaume-Uni continue de s’empêtrer un peu plus dans le Brexit. Le dernier plan présenté par Theresa May à l’Union Européenne, « le plan Chequers », a été refusé sans le moindre commentaire ou axe d’amélioration. Les anglais et les européens commencent à s’impatienter et la date butoir de mars 2019 continue de s’approcher à grands pas. La semaine du 1er octobre s’est annoncé difficile pour Theresa May qui jouait son poste lors de la convention annuel de son parti. Son principal opposant Boris Johnson, fervent défenseur d’un Hard Brexit et nourrissant un désir non dissimulé de remplacer Theresa May, met déjà en avant les mesures qu’il pourrait proposer s’il était premier ministre.

La situation en Europe d’un point de vue économique et financier reste solide : croissance au T2 2018 de 2,2% et une légère accélération de l’inflation à 2%. Cependant, le nombre d’évènements politiques et d’incertitudes aussi bien à l’échelle nationale que globale restent importants et l’Europe risque d’être fortement impacté en cas d’évènements non-anticipés par les marchés financiers.

 

Actualités :

 

  • Carmignac, Axa IM, Rothschild AM, Amiral Gestion : leur vision de la fin d’année 2018

Que ce soit Carmignac /Axa IM/Rothschild AM ou Amiral gestion, le constat est le même : les trois premiers trimestres de 2018 ont été compliqués et il a fallu être sélectif et rigoureux dans le choix des valeurs à mettre dans les portefeuilles pour profiter au mieux des cycles économiques.

D’un point de vue sectoriel, les technologies ont été l’un des principaux vecteurs de performances depuis le début de l’année et devraient continuer à l’être. Inclure des OPCVM investissant sur ce secteur porteur semble être une stratégie envisageable pour l’avenir.

D’un point de vue géographique, certaines de ces sociétés de gestion seraient tentés de retourner sur les pays émergents qui présentent aujourd’hui une opportunité d’investissement non négligeable dû aux faibles valorisations. Evidemment, ces investissements seront possibles à condition de rester très sélectif sur les valeurs mises en portefeuilles et de pouvoir sortir à tout moment des positions prises pour éviter toute déconvenue. Cette stratégie ne s’inscrit malheureusement pas dans un horizon d’investissement long terme car la situation des pays émergents ne s’est toujours pas stabilisée. L’Europe et les Etats-Unis continueront d’être les moteurs de croissance sur la fin de l’année et resteront à privilégier comme base de toute allocation d’actifs.

Finalement, les gérants sont unanimes sur un seul investissement : les liquidités. Face à un environnement incertain et propice à des rotations de style important, il est impératif de garder des fonds disponibles immédiatement pour pouvoir profiter des possibilités de réinvestissement lorsque des opportunités se présentent sur les marchés financiers. Les possibilités sont nombreuses : fonds euros, OPCVM …

  • Doit-on privilégier le style de gestion Growth qui investit dans des entreprises de croissances ou le style de gestion value qui investit dans des des entreprises de valeurs ?

Avant tout, il est nécessaire de définir ce que sont ces deux types de gestion de l’investissement :

  • Le style Croissance (ou Growth) a pour but de repérer des sociétés avec un fort potentiel de progression de l’activité dans les années à venir grâce à des tableaux prévisionnels bien établis et un mécanisme de création de valeur ajoutée confirmé et adapté. Ces entreprises sont souvent des grandes sociétés tels que LVMH, Kering…  On possède une visibilité de l’entreprise sur le long terme.
  • Le style de gestion value est quant à lui diamétralement opposé, c’est l’analyse de sociétés (souvent de plus petites tailles : PME) qui sont sous-valorisées sur les marchés financiers et qui présentent un potentiel d’accroissement futur important. Ce style de gestion est très sensible aux cycles financiers et économiques. On peut difficilement avoir une visibilité de l’entreprise sur le long terme tant les variations et évolutions peuvent être nombreuses.

Il est facile de déduire que le style Value est bien plus volatil et difficile à cerner que le style Growth mais chacun possède ses propres avantages et il faut savoir quand préférer un investissement sur le premier ou sur le deuxième en fonction de la situation générale pour pouvoir optimiser ses investissements.

Bien que moins régulier, le style Value a, sur les 20 dernières années, surperformé le style « Growth ». Cependant, depuis la crise financière de 2008, le style « Growth » a surperformé le style « Value ». Pourquoi ?

La raison est simple, les valeurs Value ont été fortement impactées ces dernières années par les incertitudes sur les marchés financiers : Italie, Espagne, Brexit, guerre commerciale… Au contraire des valeurs Growth qui sont des sociétés solides et souvent présentes à l’international, leurs permettant ainsi de diversifier le risque pays entre une multitude de partenaires.

Les sociétés values présentent elles alors aujourd’hui une opportunité d’investissement intéressante du fait de leurs faibles valorisations ? Certains comme Sycomore AM pensent que non, d’autres comme DNCA pensent que oui, les avis restent globalement mitigés et la plupart souhaitent attendre que s’éclaircisse l’horizon avant d’investir.

 

« Le document n’a aucun caractère contractuel ni indicatif des choix et objectifs de l’investisseur. L’ensemble des données est présenté à titre purement informatif et ne peut en aucun cas être assimilé à une offre d'achat, de vente, de souscription ou de services financiers, et est fourni et mis à la disposition par des sources extérieures. Des modifications des informations financières et des dispositions juridiques et administratives, notamment fiscales, peuvent subvenir postérieurement à la rédaction du présent document. Par ailleurs, les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. Il est d’ailleurs rappelé que la valeur des unités de comptes et celle des fonds en général ne sont pas garanties mais sont sujettes à des fluctuations à la hausse ou à la baisse dépendant en particulier de l’évolution des marchés financiers. Dès lors, Financière Conseil décline toute responsabilité dans l'utilisation qui pourrait être faite de ces informations et les conséquences qui pourraient en découler. »

Le conseil I-Pocampe

Dans cet environnement incertain, où même les grands gestionnaires d’actifs hésitent sur les supports d’investissements à privilégier, il est primordial d’adopter une posture défensive face aux marchés financiers et de rester attentifs aux opportunités. Les maîtres mots du moment sont « rigueur » et « sélectivité » dans le choix des supports sur les marchés financiers pour trouver de la performance à un niveau de risque acceptable.

Dans la continuité de la vision des gestionnaires d’actifs, nous préconisons aux personnes morales de placer une partie de leur liquidité sur des supports présentant une faible corrélation avec les marchés financiers et possédant une protection en capital partielle ou totale à l’échéance comme le propose les produits structurés aujourd’hui. Ce positionnement permet d’obtenir un rendement intéressant et bien supérieur aux liquidités tout en maitrisant le niveau de risque et de perte en capital. Par exemple, la possibilité de faire un produit garanti en capital à 100% à échéance sur le capital investi devrait être une possibilité à envisager pour le chef d’entreprise pour ne pas être impacté par les variations des marchés financiers.

Nous estimons aujourd’hui que les valeurs « Growth » sont plus intéressantes que les sociétés dites « Value » car les incertitudes à l’échelle mondiale ne faiblissent pas et elles permettent d’être moins exposées aux variations de cycles économiques. Les OPCVM jouant sur des thématiques Growth peuvent donc être intéressants pour les personnes morales à condition d’être accompagnées dans la sélection des titres à mettre en portefeuille. En effet, tous les OPCVM jouant la thématique Growth ne sont pas forcément performant et ne correspondent pas tout le temps au cahier des charges des personnes morales. Il restera cependant nécessaire de diversifier les portefeuilles des personnes morales en intégrant des OPCVM avec des thématiques différentes pour optimiser le couple-rendement risque de l’investissement.

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